CREATION DE SAS D’ENTREE

Eglise Saint-Maximin de METZ / Classé au titre des Monuments Historiques


Bref rappel historique :

La construction de l’église débute au XIIème siècle pour répondre au développement du quartier. L’édifice présente une certaine hétérogénéité stylistique résultat de multiples remaniements et adjonctions subi au cours des siècles. Vraisemblablement de plan basilical à trois nefs et abside à l’origine, l’église conserve de l’époque romane le chœur, la croisée du transept ainsi que le clocher carré la dominant. Les bras du transept, la nef ainsi que les collatéraux sont repris aux XIVème et XVème siècles dans le style gothique en vogue à l’époque.
Au milieu de XVIIIème siècle, la façade occidentale est modifiée pour s’adapter au goût du jour. Le portail central primitif est alors remplacé par un nouveau portail de style baroque. Doté d’un important décor sculpté fait de pilastres ioniques et d’un fronton cintré à ressauts, il contraste avec la sobriété du reste de la façade.
Au courant du XIXème siècle de nouveaux travaux sont entrepris : percement de deux portes de part et d’autre du portail central sur la rue Mazelle, adjonction d’un second collatéral au sud dans le prolongement de la chapelle des Gournay, élargissement des fenêtres hautes de la nef.
Le XXème siècle va également imprimer sa marque sur l’édifice. Au début des années 1960 sont commandées de nouvelles verrières à Jean Cocteau (1889-1963) pour occuper la quasi-totalité des baies de l’édifice. L’ensemble ne sera mis en place qu’après le décès de l’artiste. Avec sa dominante bleue mêlée de tons pastel, cet ensemble de vitraux possède une grande puissance visuelle. Dans les années 1970, le mobilier de l’église est complété. Un nouvel orgue de style contemporain est installé ainsi qu’une nouvelle tribune charpentée.
Malgré ses multiples campagnes de travaux, le volume intérieur de l’église Saint-Maximin offre une certainement harmonie tant au niveau des matériaux qu’au niveau des teintes, résultant :

  • De la sobriété des maçonneries (pierre de Jaumont et d’enduit à la chaux)

  • De l’unité des vitraux à la dominante bleutée

  • Du mobilier moderne fait de bois clair

 

Programme :

L’accès à l’édifice depuis la rue se fait par l’intermédiaire des deux portes percées au XIXème siècle dans la façade occidentale. L’imposant portail central, difficilement manœuvrable, n’est emprunté que lors de rares occasions. Dans le cadre des travaux, les deux SAS en verre existants, de la seconde moitié du XXème siècle, ont été déposés et remplacés par de nouveaux SAS répondant aux besoins d’accessibilité et de confort thermique actuels.

Parti architectural :

Les traces archéologiques semblent indiquer que seul le portail central fût anciennement doté d’un tambour de porte (traces anciennes de fixations visibles sur les jambages en pierre de taille). Les deux portes latérales ne disposaient d’aucun dispositif avant la mise en place des SAS en verre au cours du XXème siècle. La recherche de la restitution d’un état antérieur est donc écartée.
Quel langage devrait adopter ce nouvel élément qui serait introduit dans un volume patrimonial ? L’Eglise Saint-Maximin présente une hétérogénéité de styles reflet de son histoire. Le recours aux styles du passé, pour réaliser un pastiche difficile à raccrocher dans ce contexte à une époque donnée, ne nous a pas semblé pertinent. Nous avons par conséquent choisi de concevoir des SAS d’entrée à l’écriture contemporaine en accord avec le mobilier moderne de l’église (orgue, chaises, …).
Pour la matérialité de ces SAS, nous avons choisi d’avoir recours au bois, matériau traditionnel du mobilier d’église et déjà largement utilisé dans l’édifice. De teinte claire, il s’accorde avec le reste du mobilier de l’édifice.
Ces SAS s’articulent autour d’un large panneau aux motifs losangés, sorte de paravent qui dissimule la fonction de l’objet depuis la nef. Son graphisme se veut être une évocation de la résille losangée que forme le réseau de plomb des verrières des collatéraux. De cette paroi, certains éléments sont évidés afin d’offrir aux visiteurs et aux fidèles pénétrant dans le SAS une première vision de la nef. Ils accueillent des verres colorés s’harmonisant aux tons des vitraux de Jean Cocteau.


M.O.A : Ville de Metz
M.O.E : Atelier d’Architecture THOLOS - Romain KLEIN
Montant des travaux :   33 000€ HT
Année : Tranche n°1 livrée en 2023 et tranche n°2 en 2025

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